Vue d'ensemble
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L'éthique médicale militaire se situe à l'intersection de l'éthique militaire et de l'éthique médicale. La pratique médicale est régie par le recoupement du droit, de l'éthique et de la morale. Le droit prescrit une conduite non discrétionnaire. L'éthique est l'ensemble des principes moraux qui gouvernent les activités ou les comportements d'une personne, souvent codifiés par la réglementation professionnelle. La morale relève de la conscience individuelle. Dans de nombreuses cultures, les normes éthiques selon lesquelles les médecins et les autres professionnels de santé exercent leur art sont définies depuis longtemps par la loi ou la réglementation. L'éthique médicale part de l'adage « d'abord, ne pas nuire », que l'on attribue à tort au serment d'Hippocrate. Il est généralement complété par les quatre principes de bioéthique de Beauchamp et Childress : l'autonomie (le droit des adultes capables de déterminer leur traitement), la bienfaisance et son corollaire la non-malfaisance (des résultats favorables pour les patients avec un minimum de préjudices) et la justice (l'équité fondée sur l'égalité et la non-discrimination).
L'éthique des professions de santé contraste avec la « profession militaire », dont la fonction ultime est d'employer la force létale contre les ennemis d'une nation afin d'atteindre des objectifs politiques. L'éthique militaire traite des défis moraux et des dilemmes de la pratique militaire professionnelle. Même en temps de guerre, l'usage de la violence doit connaître des limites. On distingue généralement le « jus ad bellum », la licéité du recours à la guerre par les États, et le « jus in bello », l'emploi de la force militaire pendant les hostilités. Ce dernier est encadré par le « droit des conflits armés (DCA) » ou le « droit international humanitaire (DIH) ». Au-delà de la conduite de la guerre, de nombreux aspects du service militaire restreignent la liberté du personnel des forces armées bien plus que celle dont jouissent les citoyens.
On peut soutenir que les professionnels de santé militaires sont tenus de respecter un éventail de lois et de principes éthiques, nationaux comme internationaux, plus étendu que tout autre groupe. Bien qu'employés par les forces armées, ils demeurent responsables de leur pratique éthique devant les organismes nationaux de réglementation des professions de santé. Cette « double loyauté » est au cœur de l'éthique médicale militaire (EMM). On peut citer, par exemple, la nécessité de concilier l'impératif humanitaire de soigner les victimes du conflit et l'exigence militaire de garder des lits disponibles dans les hôpitaux militaires pour les patients militaires, la préservation de la confidentialité des patients face au besoin des commandants de connaître l'aptitude de leur personnel, ou encore les restrictions imposées au personnel médical quant à l'exercice de fonctions de combat. Les professionnels de santé militaires doivent fonder la résolution des questions éthiques sur les principes pertinents des professions de santé comme de la profession militaire. Ce sujet continue de faire l'objet de nombreux débats dans la littérature médicale militaire, tant parmi les éthiciens universitaires que parmi les praticiens. Le concept de double loyauté s'applique aussi à d'autres professionnels de santé soumis à des obligations institutionnelles, tels que les gestionnaires de santé, les médecins du travail et les médecins pénitentiaires.